Résolutions de la convention nationale pour une constitution pérenne

Résolutions de la convention nationale pour une constitution pérenne
(Sidi-Fredj, le 29/07/2013)
L’initiative du RCD «pour une constitution pérenne» a suscité un vif intérêt et une résonance particulière auprès de larges segments de la société. Sept conventions régionales, couronnées par une convention nationale tenue le 29 juin à Alger, ont été organisées. Elles ont mobilisé des militants politiques et associatifs d’horizons divers, des anciens moudjahidines, des opérateurs économiques, des syndicalistes, des représentants des ordres professionnels, des universitaires ou de simples citoyens venus débattre en toute liberté autour des bilans politiques et des perspectives institutionnelles du pays.

La liberté de ton qui a marqué les travaux de ces conventions a permis d’affranchir la parole des tabous, des invectives et des slogans qui ont parasité et stérilisé le débat politique, paralysant du même coup la nation algérienne cinquante années durant. Ces échanges ont révélé une évidence niée par le pouvoir : l’opinion publique est en attente de propositions nouvelles, cohérentes et adaptées à la demande nationale et qui ne sauraient s’accommoder du statu quo actuel. L’Algérien aspire à une organisation transparente du champ politique pour s’extraire d’une conception du pouvoir qui vampirise tous les espaces et pollue la scène politique et médiatique.

Les conjectures et l’agitation qui accompagnent la maladie du chef de l’Etat tendent à imposer, une nouvelle fois, un candidat «du consensus » ou un « homme providentiel » en vue de baliser le terrain pour une éventuelle alternance clanique, en lieu et place d’une alternative démocratique. Cette option ne fera qu’exacerber la crise de légitimité qui frappe les institutions  et aggraver la défiance, lourde de risques, qu’oppose la société à l’Etat.
Tous les procédés d’élaboration et de révision des différentes constitutions sont frappés d’un péché originel : l’accès au pouvoir viole le droit et le libre choix citoyen. Le refus d’associer l’opinion, à travers des représentants qualifiés, crédibles et légitimes, pour concevoir la Constitution est accentué  par le fait que tous les scrutins ont, de tout temps, été faussés par la manipulation et les fraudes électorales qui ont démonétisé la représentation nationale et provoqué une désaffection de l’urne.

Les patriotes ont tiré les enseignements des politiques menées depuis 1962 et des tragédies qu’il a générées.

La quasi-totalité des interventions enregistrées lors de ces rencontres conclue à l’impossibilité d’une évolution spontanée du système politique et institutionnel algérien et à l’impératif d’innover et d’engager une réflexion audacieuse pour un projet constitutionnel qui installe l’Algérie nouvelle dans la démocratie, la liberté, la stabilité, la transparence et le progrès social. A cet effet, l’accent est mis sur une vive critique du mimétisme du pouvoir algérien qui a calqué son édifice institutionnel sur des schémas étrangers à son histoire et qui sont, au demeurant, soit obsolètes (modèle soviétique) soit en crise (modèle jacobin français).

Partant de ce postulat, de nombreuses suggestions d’enrichissement du document soumis par le RCD ont été formulées. Elles visent, entre autres, à l’adaptation du régime politique et des institutions aux réalités historiques, sociales, culturelles et à la

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Résolutions de la convention nationale pour une constitution pérenne  197996101501360755354897049917548863632957378294n-300x199compétitivité économique.

Les participants à la convention nationale du 29 juin réaffirment :

- Il est des droits fondamentaux sans lesquels il ne peut y avoir de constitution démocratique. L’autonomie individuelle est au centre de la problématique démocratique. Les libertés fondamentales, dont celles liées à la liberté d’expression, de pensée, de conscience, sont des garants du respect de l’émancipation du citoyen et de son libre arbitre.
- L’Algérie est une République démocratique et sociale. Les citoyennes et les citoyens de la République sont égaux devant la loi indépendamment de leur sexe, leur langue maternelle, leur religion ou de toute autre considération. Aucune raison ne saurait être invoquée pour justifier la violation ou la limitation de la jouissance et de l’exercice de leurs droits.
- La liberté d’expression et de presse est inviolable. Le droit syndical et de grève, le droit à un salaire équitable, le libre et égal accès au travail, à la sécurité sociale, à la santé mais aussi à l’information, à l’éducation et à la culture sont garants de l’émancipation du peuple et du citoyen.
Les participants saluent les efforts développés par le RCD, dans une conjoncture caractérisée par l’intolérance et la désinformation pour créer une dynamique permettant au peuple algérien de débattre librement de son destin. Ils appellent les spécialistes à se joindre à la dynamique créée autour de cette convention pour apporter leur expertise quant aux formules et aux démarches les mieux indiquées pour affiner le travail devant préciser les référents et la substance du projet ultime devant servir d’offre politique alternative à la nation algérienne.

Les participants remercient chaleureusement les frères mauritaniens, marocains et tunisiens pour leur disponibilité en ces temps cruciaux pour l’avenir de notre région et saluent la sincérité et  la pertinence de leurs témoignages qui sont autant d’acquis pour la conception de la future construction institutionnelle algérienne et de preuves que l’avenir de chacun de nos pays conditionne celui des autres.

A la lumière des éclairages apportés par les intervenants des autres pays nord-africains lors de la convention nationale du 29 juin et au vu des débats qui s’en sont suivis, il ressort qu’il y a dans notre région un vaste consensus pour des alternatives démocratiques revendiquant l’héritage de liberté et de justice sociale, base des mouvements de libération nationales et assumant les valeurs de l’universalité.

Les participants exhortent les élites nord-africaines à se saisir de l’initiative de la convention nationale du 29 juin pour créer une dynamique d’échange et d’entraide par la mise en place d’une instance consultative aux fins de débattre des expériences menées par chaque pays, d’en évaluer les portées et d’envisager les meilleures convergences aux fins de relancer la réflexion autour de la construction de la fédération des Etats nord-africains préconisée dans la foulée des luttes de libération  des pays de la région.

Les participants invitent d’ors et déjà à l’élargissement des échanges à toute organisation ou personnalité nord-africaine inscrivant son action dans les valeurs démocratiques et à étudier aussi rapidement que possible les modalités que doit revêtir la future instance devant abriter les débats embrassant l’ensemble de la vie publique régionale et le calendrier qui en programmera les travaux. A cet effet, ils suggèrent l’installation d’un comité préparatoire pour la mise en place d’un forum d’initiative démocratique en Afrique du nord (FIDAN) dont la première session sera dédiée à la mémoire de notre frère Mohamed Charfi, grand militant tunisien, qui a voué sa vie à la démocratie, la liberté, la tolérance, l’éducation et la solidarité nord-africaine.

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